L'Errance des âmes
L'errance des âmes,
Au milieu de ces draps,
A travers cet or
crépusculaire,
Dans cette aurore d'une
nuit tombante ;
Âmes vagabondes ainsi
perdues,
Fantômes de nos pensées,
Vents et nuages de glace,
Vous vous perchez sur nos
cieux,
Vous logez dans le creux
de nos églises,
Dans les plis de nos
nuits,
Dans les larmes de nos
amours.
Vous mendiez l'oubli dans
nos rues,
Vous volez nos tristesses,
Vous nous acquittez de nos
peines,
Et vous êtes le miroir de
nos mémoires.
Parfois vous nous offrez
le sourire,
D'autres fois le Chagrin
ou la Haine ;
Il arrive aussi que vous
nous infligiez la Colère
De vous avoir vu partir
trop loin.
Vous êtes ici et là-bas,
Vous voguez et vous nous
surveillez.
Âmes errantes, vous êtes
Cet air de frais qui nous
menace
Au sortir de nos porches,
Et vous êtes ce rayon
chaud de nuit
Qui nous pénètre de
bonheur
Sous le satin de l'amour
Ou dans la mollesse de
l'adultère.
L'errance des âmes, comme
une pandémie,
Est la barrière
sécuritaire de chacun de nous,
Qui nous glace ou nous
brûle,
Qui nous punit ou nous
encourage.
Les âmes saltimbanques,
Comme Zéphyr et Aquilon,
Se glissent dans nos nuits
Et se plongent dans nos
rêves de minuit,
Entre flammes et nuages,
Entre la fin et la Genèse
d'une autre Bible.
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